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Culture

La Bibliothèque du jeune européen : notre critique

Si l'intention de cette Bibliothèque est louable, elle pèche manifestement par l'omission de la tradition catholique, depuis la Bible jusqu'aux enseignements des Pères de l'Église. In principio erat Verbum.

2 min de lecture

© Le Rocher

Se proposant de ré-anoblir le politique par la transmission des grandes œuvres, cette bibliothèque remplit tout à fait son objectif et réussit à brosser un très large panorama de la pensée européenne, dans le temps et dans l’espace. Mais le choix des textes interroge. Certes, les auteurs préviennent que le lecteur risque d’être « déçu de l’absence de tel ou tel auteur de son goût ». Notre problème est plus essentiel : comment penser l’Europe sans la Bible, les pères de l’Église et les encycliques ? Proudhon ne disait-il avec justesse « qu’au fond de la politique nous trouvons toujours la théologie » ?

Lire aussi : Pierre-André Taguieff : « La grande nouveauté politico-philosophique, c’est la réhabilitation de la “race” » 1/2

Prenant le parti de « la pluralité du divin », les auteurs jugent plus constitutif l’antichristianisme de Celse et de Julien l’Apostat que les enseignements de saint Augustin et saint Thomas d’Aquin, méconnaissent la doctrine économique et sociale de l’Église, taisent encore sa morale, son génie et son eschatologie. Au débat sur les racines chrétiennes de la France, cette bibliothèque incline malgré ses mérites vers l’indo-européisme mythologique, païen et naturaliste. Et puis, Le Seigneur des anneaux plus fondamental que les Évangiles ? Curieux quand on sait à quel point Tolkien s’y est nourri.

La Bibliothèque du jeune européen : 200 essais pour apprendre à penser d’Alain de Benoist et Guillaume Travers (dir.)
Éditions Le Rocher, 672 p. – 22,90€

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