Pour l’éternité : notre critique
Dans Pour l'éternité, Roy Andersson décline une fois de plus son style déconcertant et inédit : entre réflexion sur notre époque et poésie visuelle, ce film est un véritable voyage initiatique.
Par Marc Obregon
• 2 min de lecture
Roy Andersson fait du Roy Andersson, et c’est ce qui continue de nous plaire film après film. Cette succession de vignettes entièrement filmées en studio, qui mélange habilement les trucages numériques et les vieilles techniques éprouvées est d’une contemporanéité à toute épreuve. En quelques minutes, Andersson opérant comme une lucarne ouverte sur un monde parallèle, reflet déformé de notre réalité, fonctionnant à vide comme un mécanisme d’horloge qui continuerait de cliqueter même après la fin des temps.
Lire aussi : La Terre des hommes : notre critique
Nous offrant un film d’une beauté plastique parfois sidérante, Andersson ne se dérange pas pour mêler la petite histoire à la grande (apparitions remarquées d’Adolph Hitler et du Christ), la férocité et la tendresse, avec un sens du rythme et une sorte d’économie du silence qui en feraient presque un auteur d’haïkus. En ces temps de films stroboscopiques montés par des ânes sous speed, Pour l’éternité prend son temps et opère comme un remède pour l’âme.
Pour l’éternité (1h16), de Roy Andersson, avec Jessica Lothander, Martin Serner, Tatiana Delaunay, actuellement en salle
AUTRES ARTICLES RECOMMANDÉS POUR VOUS