L’homme de la cave : notre critique
Malgré la tension que Philippe le Guay arrive à instaurer dans L'homme de la cave, le stéréotype de la méchante droite antisémite suffit à transformer ce film à l'intrigue intéressante en navet bien-pensant.
Par Ange Appino
• 2 min de lecture
Simon Sandberg, de confession juive, vend une cave de son immeuble à Jacques Fonzic, un homme mystérieux qui s’y installe, et se révèle bientôt un affreux négationniste. S’infiltrant peu à peu dans la vie de la famille Sandberg, le nouveau venu la change en enfer. Ce film est un objet cinématographique de bonne facture. Même s’il débute trop lentement, que son intrigue hésite entre plusieurs pistes, il parvient à installer une tension efficace qui culmine dans un duel explosif entre Sandberg et Fonzic.
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On s’enfonce graduellement dans un cauchemar où, après avoir été isolés, les individus sont broyés, et l’angoisse est habilement distillée autour du thème de la cave. Des interrogations légitimes sont également posées sur l’identité juive comme sur la dimension insidieuse du discours négationniste. L’antisémitisme d’extrême droite est cependant aujourd’hui trop résiduel pour qu’on puisse brandir sa menace sans avoir l’air ridicule, ce qui décrédibilise le principe du film. Enfin, l’accusation visant les Français, à peine voilée, de vichysme atavique, du plus mauvais goût, finit d’en faire, même abusivement, un navet bien-pensant.
L’homme de la cave, (1h54), de Philippe le Guay, avec Jérémie Renier, François Cluzet, Bérénice Béjot, en salles le 13 octobre
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