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Culture

[Cinéma] L’Âme sœur : l’ivresse des hauteurs

Godard et Tanner morts, Fredi Mürer devient le plus grand cinéaste suisse vivant. Cela tombe bien : son chef d’œuvre, L’Âme sœur, ressort.

2 min de lecture

© L’Âme sœur

Certains films sont des îles désertes où l’on pourrait passer des jours et des années. Ainsi L’Âme sœur de Fredi Mürer qui suit une famille vivant en quasi-autarcie sur une pente aigüe de montagne. Ce déséquilibre premier contrebalance le poids de la tradition qu’un regard documentaire saisit dans son mystère renouvelé, à l’opposé du récent et décoratif Une vie cachée. Au fil des saisons, la maison se confond avec le monde ; de leur promiscuité naitra un rêve interdit.

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Peu de films rendent avec autant de force la puissance de la nature et son incarnation dans la pauvre humanité. Jouant l’oppression des extérieurs contre celle des intérieurs, Fredi Mürer fait résonner un même cœur qui enfle et ne cesse de battre d’une génération à l’autre. La vibration du cinéma muet parcourt et électrise les plans, comme cette déclaration d’amour avec un miroir. En faune sourd et malicieux, Thomas Nock compose une figure d’adolescent tout simplement inoubliable. On se lave le regard devant L’Âme sœur.


L’ÂME SŒUR (1h58) de FREDI MURER, avec Thomas Nock, Johanna Lier, Dorothea Moritz en salles le 21 décembre 2022

https://www.youtube.com/watch?v=TRrEN3LID2g&ab_channel=CarlottaFilms

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