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Culture

[Cinéma] Natural light : beau tableau stérile

S'intéressant pour son premier film à un sujet difficile, la déshumanisation de l’homme par la guerre, le réalisateur hongrois Dénes Nagy fait montre d'une grande sensibilité mais n'entre jamais dans le vif du sujet, au point de tomber dans le tableau stérile.

2 min de lecture

© Natural light

Semetka est un paysan hongrois qui s’est engagé dans l’armée de son pays lors de la Seconde Guerre mondiale. Allié aux Allemands, il dirige un groupe d’hommes qui traque les partisans soviétiques sur les arrières du front de l’Est. Confronté à la brutalité de la situation, souhaitant faire face, Semetka cherche néanmoins à conserver son humanité. Le réalisateur hongrois Dénes Nagy s’attaque à un sujet particulièrement grave pour son premier film : la déshumanisation de l’homme broyé par la guerre.

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On sent chez lui une sensibilité aiguë à la chose humaine, dans l’œil tendre qu’il porte sur les visages burinés par l’existence, sur la main calleuse d’avoir trop manié la charrue ou le fusil. À pas de loup, il prend le temps d’installer l’angoisse de la guerre. Trop bien, peut-être. Car à force d’élaborer une ambiance, on en oublie l’évènement. Le film vire au tableau. Tout est juste, le cadre est posé, magnifiquement, mais on n’entre jamais dans le dur, comme si Nagy craignait de rater son sujet. Seulement, à force de voir les personnages ne jamais agir, on s’enfonce nous-même dans la léthargie.


Natural light (1h43), de Dénes Nagy avec Ferenc Szabo, Laszlo Bajko, en salles le 11 janvier

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