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Idées

[Idées] Catholicisme et judaïsme : le grand pardon

Philippe Chenaux retrace l'histoire de l'antijudaïsme chrétien de la Révolution française jusqu'au concile Vatican II.

2 min de lecture

© Le Cerf

Voilà un ouvrage qui fera date, dans lequel Philippe Chenaux retrace l’histoire de l’antijudaïsme catholique de la Révolution française au concile Vatican II, en s’appuyant sur l’ouverture des archives du pontificat de Pie XII. Le professeur d’histoire à l’université pontificale du Latran prend soin de distinguer, à rebours de l’historiographie actuelle, l’antijudaïsme – qui désigne l’opposition au judaïsme pour des motifs religieux – de l’antisémitisme fondé sur des considérations économiques, sociales voire raciales. Si l’Église s’est toujours opposée au second, elle a pu entretenir le premier par ses déclarations, sans le faire entrer dans le domaine magistériel.

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C’est cet « enseignement du mépris » selon les propos de l’historien Jules Isaac qui est définitivement abandonné avec la déclaration Nostra Aetate du concile Vatican II, qui débouche en 1986 sur la formule lancée par Jean-Paul II à la Synagogue de Rome : « Vous êtes nos ‘ères aînés ». L’ouvrage revisite également les figures des pionniers du dialogue judéo-chrétien, qu’ils s’agissent des convertis du XIXe siècle – les frères Ratisbonne et Lehmann – ou des intellectuels du XXe siècle, tels Jacques Maritain ou le père de Lubac. Un regret, Charles Péguy est à peine évoqué alors que son philosémitisme aurait mérité plus d’amples développements.


LA FIN DE L’ANTIJUDAÏSME CHRÉTIEN, PHILIPPE CHENAUX,
Le Cerf, 312 p., 24 €

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