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Idées

« La langue anglaise n’existe pas » : my Molière is rich

« Ne faisons pas mentir les préjugés, soyons cocardiers et pavanons-nous, en bons Français que nous sommes : les termes anglais issus du français relèvent de l’abstrait, du moins fréquent et de l’intellectuel – quand le lexique anglais commun est d’extraction bêtement saxonne. »

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Empruntant son titre à une célèbre citation de Clémenceau (citant en fait d’Athos dans 20 ans après), le linguiste Bernard Cerquiglini signe un ouvrage érudit et malicieux, à mi-chemin entre le dictionnaire et le livre d’histoire, compilant une ribambelle de mots courants du vocabulaire anglais dont le pedigree est français. Et quand l’anglais utilise le français, ce n’est pas pour n’importe quoi ! Ne faisons pas mentir les préjugés, soyons cocardiers et pavanons-nous, en bons Français que nous sommes : les termes anglais issus du français relèvent de l’abstrait, du moins fréquent et de l’intellectuel – quand le lexique anglais commun est d’extraction bêtement saxonne.

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Au fil des pages, on se plaira à découvrir les liens, souvent inévidents, que peuvent avoir des termes comme «stress» et «détresse»,«pool» et « poule », « squatter » et « aplatir », ou « glamour » et… « grammaire » ! On trouvera une joie similaire à celle que l’on a lorsque l’on feuillette un album de famille et que l’on déniche, au hasard des photos, une ressemblance entre un arrière-grand-oncle et un petit-neveu que plus de cent ans séparent. Ce petit essai est aussi un plaidoyer pour le don des langues contre la tentation de Babel que représente le global-english (globish) joliment qualifié par l’auteur de « desespéranto ». Un must have.

« LA LANGUE ANGLAISE N’EXISTE PAS », BERNARD CERQUIGLINI, Gallimard, 208 p., 7,80 €

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