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Cinéma

« L’Inconnue » avec Léa Seydoux : ces corps vils

« Sinistre et plat, L’Inconnue fait rêver à un autre film qui n’aura jamais commencé. » Critique du film « L’Inconnue » d'Arthur Harari.

2 min de lecture

Un photographe dépressif (Niels Schneider, méconnaissable) expérimente un échange de corps après s’être fait violer – osons le mot – par une femme fascinante et mutique aux cheveux de fantôme japonais (Léa Seydoux, enlaidie). Il cherche à la retrouver, parce que c’est trop d’angoisse, mais est-elle encore elle-même ? Arthur Harari n’a jamais réussi aucun long-métrage, mais il essaie avec constance (Onoda, Diamant noir). Avec L’Inconnue, il adapte sa propre bande-dessinée, Le Cas David Zimmermann, qu’il a co-écrite avec son frère dessinateur, Lucas. Le sujet de l’échange de corps a déjà donné lieu à un chef-d’œuvre (« La Lointaine », nouvelle de Julio Cortazar) et à un beau livre (Si j’étais vous, de Julien Green) ; on en est hélas très loin ici, la faute à un prosaïsme piteux et sans objet.

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La narration très vague rate le fantastique sexuel et existentiel, peu aidée par des dialogues calamiteux. Léa Seydoux et Niels Schneider donnent des performances notables, mais les malheureux sont bien au milieu d’un rien qui circonvolute à foison. Dès qu’il est possible, la matérialité des situations disparaît au profit de commodes ellipses. On pense parfois à un petit-maître sous-rivettien des années 70, Hugo Santiago, mais Les Autres est quand même beaucoup mieux. Le seul segment intrigant concerne l’enregistrement topographique de la banlieue parisienne mené par le héros à la suite de son père, à partir de cartes postales début du xxe. Les faubourgs avaient une autre gueule, et sûrement que le sexe était mieux. Sinistre et plat, L’Inconnue fait rêver à un autre film qui n’aura jamais commencé.

L’INCONNUE (2h20), d’Arthur Harari, avec Léa Seydoux, Niels Schneider, Victoire Du Bois, en salles le 26 août.

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