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Cinéma

« Harvest » : beau mais soporifique

« Nous ne saurons jamais s’il s’agit d’une dystopie, d’un western aux accents mystico-anthropologiques ou d’une simple fable morale. » Notre critique du film « Harvest » d’Athina-Rachel Tsangari.

2 min de lecture

Une étrange communauté rurale, non située dans le temps et dans l’espace, semble obéir à des règles complexes et à une hiérarchie aveugle. Le temps passe. La photographie, sublime, s’attarde sur les détails et le lent déclin de l’été. On s’ennuie ferme, tant les personnages ont l’air d’être des fétus de paille – et pour cause. Pourtant, on demeure intrigué : dur de savoir où placer Harvest, film qui vaut surtout pour son dispositif et par le peu de moyens qu’il se donne pour l’épuiser.

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En filmant la vie et les drames intimes d’une petite communauté reconstituée quelque part dans une campagne américaine qui ne sera jamais nommée, la réalisatrice grecque reste volontairement allusive et ne donne aucune clé. Même le langage utilisé, à la fois moderne et archaïque, contribue à nous perdre. Nous ne saurons jamais s’il s’agit d’une dystopie, d’un western aux accents mystico-anthropologiques ou d’une « simple » fable morale. À la fin, le village a disparu. Le spectateur aussi.


HARVEST (2 h 11), d’Athiná-Rachél Tsangári, avec Caleb Landry Jones, Harry Melling, Frank Dillane, Rosy McEwen, en salles le 16 avril.

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