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Culture

The Card Counter : film-testament

Dans son long métrage, Paul Schrader met en scène un ancien militaire reconvertie dans une carrière de joueur de poker. Un véritable film-testament.

2 min de lecture

© The Card Counter

Le premier plan du film résume l’ambition à la fois formelle et narrative de Schrader : un gros plan sur un tapis vert, tellement rapproché qu’on pourrait le prendre pour un jardin vu du ciel. On l’a compris, tout dans The Card Counter sera une question de distance, de « prise de vue ». Le Mal est-il encore du Mal si l’on regarde de près, si on l’expérimente de l’intérieur ?

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À travers l’histoire de cet ancien militaire (Oscar Isaac, magnifique) coupable d’actes de torture dans la tristement célèbre prison irakienne d’Abu Ghraib, qui se lance dans une carrière de joueur de poker, Schrader explore ses thèmes favoris : la rédemption et la versatilité du bien. Tout le film se joue dans les espaces neutres et policés des palaces et des casinos, labyrinthe de sensations où se dresse la cartographie d’une Amérique fantasmatique, désincarnée, pas si éloignée que ça de la troisième saison de Twin Peaks. Ici, le Nevada filmé par Schrader devient un pur espace mental dans lequel se rejoue en bégayant la même généalogie du mal. Un film-testament, d’une beauté crépusculaire et d’une humilité confondante.


The Card Counter de Paul Schrader (1h49), avec Oscar Isaac, Tiffany Haddish, Tye Sheridan, en salle le 29 décembre

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